Pour schématiser il existe deux types de procédure en divorce.
La première est celle du divorce par consentement mutuel. Il s’agit en fait d’une contractualisation de la sĂ©paration. Les Ă©poux rĂ©digent ensemble leur contrat de sĂ©paration. Ils dĂ©terminent l’ensemble des modalitĂ©s de leur sĂ©paration tant en ce qui concerne les enfants que le patrimoine. Ils disposent pour cela d’une grande libertĂ© sous la seule rĂ©serve du contrĂ´le du Juge qui va en vĂ©rifier l’Ă©quilibre. Des modalitĂ©s particulières peuvent ainsi ĂŞtre adoptĂ©es. C’est bien Ă©videment le divorce Ă l’amiable par excellence.
La seconde catĂ©gorie de procĂ©dure englobe toutes les autres situations qui vont de la faute au simple constat d’Ă©chec. Il s’agit ici de signifier dans une premier temps que l’on souhaite divorcer. Ainsi une demande en divorce est dĂ©posĂ©e par l’un des Ă©poux qui ne doit pas indiquer pourquoi il veut divorcer. Il lui est mĂŞme interdit Ă ce stade lĂ de la procĂ©dure d’Ă©voquer le moindre grief Ă l’encontre de son conjoint. C’est le vĂ©ritable apport d’une rĂ©cente rĂ©forme. L’idĂ©e est de mettre en place les premières modalitĂ©s de la sĂ©paration sans considĂ©ration des reproches. Ainsi le juge convoque les Ă©poux, les autorise Ă ne plus rĂ©sider ensemble et fixe les mesures provisoires sans motiver sa dĂ©cision sur les torts de l’un ou de l’autre. On comprend que l’exercice est difficile mais le vĂ©ritable fondement de cette première phase est de dĂ©samorcer tout conflit comme si la faute ne devait en aucun cas rejaillir sur l’organisation de la famille et en particulier les enfants.
En pratique le fait de ne pas avoir Ă choisir son type de divorce au tout dĂ©but de la procĂ©dure est un vĂ©ritable progrès. On organise la sĂ©paration physique des Ă©poux qui ne s’entendent plus et ensuite on avise. Ce n’est que dans un second temps que l’on indiquera les raisons pour lesquelles on veut divorcer et que l’on devra en rapporter la preuve au Juge:
- faute de l’autre Ă©poux
-ou simple constat d’Ă©chec ce que l’on nomme l’altĂ©ration du lien conjugal. Il n’est fait aucun reproche Ă l’autre. C’est donc une forme de divorce « Ă l’amiable ».
Il faut savoir aussi que le divorce sera en tout Ă©tat de cause prononcĂ© au bout de deux ans de sĂ©paration. Il est donc vain de s’opposer au principe mĂŞme du divorce. Le mariage en tant qu’institution a donc ici subi une attaque en règle par le lĂ©gislateur de 2004.
Et pour les derniers rĂ©calcitrants il a Ă©tĂ© aussi ajoutĂ© que la faute ne devait plus interfĂ©rer sur le principe ou le montant de la prestation compensatoire. Auparavant l’Ă©poux fautif n’y avait pas droit. Maintenant ce n’est que dans certaines circonstances extrĂŞmes qu’il peut en ĂŞtre privĂ© ( rares en pratique): seule la disparitĂ© financière doit ĂŞtre l’objet du dĂ©bat.
Pourtant, en pratique, le divorce pour faute est loin d’avoir disparu de nos prĂ©toires mĂŞme s’il est de fait cantonnĂ© Ă la seconde partie de la procĂ©dure et n’a normalement plus vocation a avoir d’enjeu financier.
Bien Ă©videment il existe des passerelles entre tous ces cas de divorce. Il n’est pas rare de voir les situations ou les comportements Ă©voluer dans le temps: Ă tous moments il sera possible d’abandonner le contentieux pour le consensus.
En résumé la procédure en divorce peut être lancée sans avoir à choisir, dès le début, le type de divorce. Une requête est déposée au Tribunal, le Juge convoque les époux à une audience de Conciliation.
Si la Conciliation n’est pas possible il les autorise Ă vivre sĂ©parĂ©ment, organise les mesures provisoires. C’est l’Ordonnance de Non Conciliation. Elle est le prĂ©alable nĂ©cessaire Ă la poursuite de la procĂ©dure en divorce. Viendra l’assignation en divorce au terme de laquelle il faudra indiquer le motif du divorce.

